Communiqué de l’intersyndicale de France Médias Monde*
Le jeudi 6 novembre, les pigistes de France Médias Monde ont rencontré la direction des ressources humaines pour dénoncer les dysfonctionnements persistants qui fragilisent leur situation et aggravent leur précarité:
- Des bulletins de paie nombreux, incompréhensibles, avec des montants parfois dérisoires, voire négatifs!
- Des attestations employeur (AED) envoyées avec des semaines/mois de retard avec comme conséquences des déclarations erronées des pigistes qui se voient réclamer ensuite par France Travail (y compris avec menaces de poursuites judiciaires) d’importantes sommes en trop-perçu. Comble du Kafkaïen: certains « trop-perçus » n’ont en réalité jamais été perçus par les pigistes, contraints de se battre pour ne pas rembourser de l’argent dont ils n’ont jamais vu la couleur!
- Des périodes de déclaration différentes pour FMM et France Travail. Exemple: pour la paie de fin octobre, FMM a payé pour un travail effectué entre le 8 septembre et le 5 octobre / France Travail demande de déclarer la paie et le nombre d’heures effectuées entre le 1er et le 31 octobre. Là encore, des trop-perçus en cascade et des pigistes qui abandonnent la bataille… et renoncent à leurs droits.
L’agence France Travail, spécialisée dans les journalistes, basée à Saint-Denis, impute une bonne part de la responsabilité à FMM. Et réciproquement. La DRH reconnaît certains dysfonctionnements, mais ne propose pas de solutions à la hauteur des problèmes rencontrés.
L’agence France Travail, spécialisée dans les journalistes, basée à Saint-Denis, impute une bonne part de la responsabilité à FMM. Et réciproquement. La DRH reconnaît certains dysfonctionnements, mais ne propose pas de solutions à la hauteur des problèmes rencontrés.
Des mesures urgentes s’imposent
Les collectifs de pigistes des chaînes de FMM, appuyés par les organisations syndicales signataires du présent communiqué, demandent:
- la mise en œuvre dès la paie de novembre de l’automatisation des AED via le dispositif FCTU;
- la production d’une déclaration de l’employeur, au mois M+1, regroupant l’ensemble des collaborations du mois et envoyée à France Travail;
- une simulation dès cette fin d’année de la faisabilité d’un décalage de la paie d’un mois complet, en y associant pleinement les pigistes (exemple: paie fin octobre = travail du 1er au 30 septembre);
- des mesures garantissant qu’aucun pigiste ne subira de perte de revenu pendant cette transition;
- le renforcement pérenne du service paie chargé de la gestion des pigistes;
- l’instauration d’une permanence mensuelle dédiée aux problèmes de paie;
- la tenue d’une réunion tripartite entre la DRH, France Travail et les représentants des pigistes, pour harmoniser les pratiques et clarifier les responsabilités.
Les intermittents et les correspondants pigistes font face, pour tout ou partie, aux mêmes retards, erreurs et difficultés administratives insupportables. Ils doivent bénéficier des mêmes solutions et des mêmes garanties.
Les intermittents et les correspondants pigistes font face, pour tout ou partie, aux mêmes retards, erreurs et difficultés administratives insupportables. Ils doivent bénéficier des mêmes solutions et des mêmes garanties.
Les journalistes rémunérés à la pige et les intermittents ne réclament pas de privilèges, mais des mesures concrètes garantissant la régularité de leur paie et le respect de leurs droits élémentaires. Le professionnalisme et la fidélité des pigistes et des intermittents envers France Médias Monde méritent mieux qu’une détresse administrative, qui provoque déjà des dépressions et des abandons de leurs droits fondamentaux, voire du métier de journaliste.
Le 12 novembre 2025.
* CFDT, CFTC, CGT, FO, SNJ
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