AFP: conditions de travail, l’alarme est déclenchée. La direction doit agir!

0  -  Article mis à jour le 17 mars 2026

Communiqué de la CGT de l’AFP

Depuis des années les syndicats, et notamment la CGT, alerte sur la dégradation des conditions de travail année après année des salariés de l’AFP. Pour la première fois et parce que l’AFP est dans la ligne de mire de l’inspection du travail, un rapport externe sur les risques psychosociaux à l’agence, effectué pendant plusieurs mois par le cabinet Sextant qui a interrogé plusieurs dizaines de salariés de tous les métiers, a permis de concrétiser certains éléments pour mettre des mots sur les maux. Et les résultats sont sans appel et très inquiétants, confirmant ce que les salariés vivent chaque jour: les conditions de travail se dégradent gravement, et l’épuisement professionnel progresse à grande vitesse.

Pour la première fois, un rapport sur les risques psychosociaux a été réalisé.

Une charge de travail qui explose, des équipes épuisées

Les constats sont implacables:

  • 70 % des salarié·es disent travailler constamment dans l’urgence.
  • 48 % signalent un sous-effectif chronique dans leur équipe.
  • 41 % estiment que leur hiérarchie ne régule pas la surcharge.
  • 43 % jugent que leurs conditions de travail se sont encore dégradées ces 12 derniers mois.

Tant que la charge réelle de travail n’est pas évaluée, les départs et suppressions de postes ne feront qu’alourdir le fardeau pour ceux qui restent. Les sous-effectifs, le non-respect des temps de repos, l’accompagnement impossible des nouveaux collègues… tout s’empile et rend la situation explosive.

Et surtout: un quart des salarié·es sont exposés à un risque élevé à très élevé d’épuisement professionnel.

Sextant le dit clairement: tant que la charge réelle de travail n’est pas évaluée, les départs et suppressions de postes ne feront qu’alourdir le fardeau pour ceux qui restent.

Les sous-effectifs, le non-respect des temps de repos, l’accompagnement impossible des nouveaux collègues… tout s’empile et rend la situation explosive.

La direction s’entête et aggrave la situation

La CGT rappelle une solution simple et immédiate: continuer le recours à des CDD dans les services en souffrance et leur offrir des perspectives de titularisation, indispensable pour réduire la surcharge des équipes. Sans compter que les CDD d’aujourd’hui constituent les CDI de demain dont nous aurons grandement besoin si nous voulons continuer à remplir notre mission.

La CGT rappelle une solution simple et immédiate: continuer le recours à des CDD dans les services en souffrance et leur offrir des perspectives de titularisation, indispensable pour réduire la surcharge des équipes.

La direction continue pourtant de s’y opposer, invoquant une prétendue politique de « restriction au recours aux CDD » pour faire des économies, et ce alors que les CDD sont parmi les salaires les plus bas de l’Agence.…

Rappelons aussi que les CDD travaillent souvent depuis plusieurs années déjà pour l’Agence, et parfois non-stop, et qu’on ne peut les exclure d’une politique de prévention des risques psycho-sociaux digne de ce nom.

Une réunion consacrée aux CDD s’est justement tenue mercredi 11 mars sans qu’aucune avancée concrète n’en ressorte. Le mot d’ordre de la direction à leur encontre: «Ne perdez pas patience même si aujourd’hui il n’y a pas de boulot.»

Rappelons aussi que les CDD travaillent souvent depuis plusieurs années déjà pour l’Agence, et parfois non-stop, et qu’on ne peut les exclure d’une politique de prévention des risques psycho-sociaux digne de ce nom.

Cette obstination ne fera qu’une chose: démotiver les CDD, qui outre perdre patience auront surtout besoin de subvenir à leurs besoins et donc iront voir ailleurs; accentuer les risques psychosociaux déjà massifs au sein du personnel en sous-effectif et à qui on demande encore plus de «se serrer la ceinture», et pousser davantage de collègues vers l’épuisement professionnel. Ou à quitter notre entreprise…

Conflits et comportements inappropriés: une gestion insuffisante

Le rapport Sextant révèle aussi un climat dégradé au sein de notre entreprise:

  • 21 % des salariés ont été témoins de comportements hostiles.
  • 13 % de la part d’un manager.

Malgré cela, la moitié des salarié·es n’osent même pas faire remonter l’information. Et lorsqu’ils le font, une majorité estime que rien n’est traité correctement.

21 % des salariés ont été témoins de comportements hostiles, 13 % de la part d’un manager.

La procédure de signalement existe mais trop peu de collègues la connaissent. Sextant demande une gestion impartiale, neutre, menée par une équipe réellement formée et impliquant les référent·es. Là encore, la direction doit prendre ses responsabilités et être plus proactive sur la question. Tout en évitant le fameux deux poids, deux mesures en traitant tous les cas de la même manière, peu importe qui fait un signalement et qui est visé.

Insécurité professionnelle et perte de sens et manque de reconnaissance

Dans un contexte marqué par le plan d’économies annoncé en juillet dernier s’y ajoutent aussi:

  • 54 % des salariés craignent un changement brutal de leur travail, notamment lié à l’IA. Plus que jamais il est nécessaire que des garde-fous soient garantis, ce alors que de premières pistes qui s’avèreraient très dangereuses ont été récemment avancées par la direction (comme le fait que les équipes à Rome pourraient surveiller à distance l’actualité en Grèce, voire éditer leur copie, le tout sans en connaître la langue et ses nombreuses subtilités).
  • 47 % redoutent de perdre le sens de leur métier.

Stress, anxiété, troubles du sommeil, épuisement émotionnel sont déjà à l’œuvre. Le rapport de Sextant relève par ailleurs un manque de reconnaissance pour certains métiers chez les employés et les ouvriers et un manque de possibilité d’évolution.

Sextant prévient: stress, anxiété, troubles du sommeil, épuisement émotionnel sont déjà à l’œuvre. Ce rapport relève par ailleurs un manque de reconnaissance pour certains métiers chez les employés et les ouvriers et un manque de possibilité d’évolution. La direction doit donner de la visibilité et cesser d’alimenter l’inquiétude.

La CGT exige des mesures immédiates

Après un plan de départs et près de 40 postes supprimés dans le réseau, une surcharge généralisée et des injonctions contradictoires («faire davantage de terrain»… mais avec moins de personnel) et un encadrement incapable ou pas suffisamment formé à protéger la santé des équipes, la CGT le dit clairement:

  • Il faut titulariser les CDD pour stopper l’hémorragie et protéger les salarié·es.
  • La direction doit prendre au sérieux le rapport Sextant et réagir sans délai.
  • La santé au travail, valable également pour les CDD, n’est pas négociable.

Ce rapport n’est pas un simple document: c’est le signal d’alarme d’une agence qui s’épuise. Et qui tient encore grâce à la bonne volonté du personnel qui accepte de travailler sans compter ses heures.

Ce rapport n’est pas un simple document: c’est le signal d’alarme d’une agence qui s’épuise. Et qui tient encore grâce à la bonne volonté du personnel qui accepte de travailler sans compter ses heures. Le forfait jours a bon dos mais que se passerait-il si les salariés décidaient enfin que la direction prenne en compte leur dévouement, par exemple en passant au décompte horaire? La direction verrait alors que concrètement l’AFP est déjà en déficit chronique de personnel. Et tout l’édifice, auquel tout le monde tient tant pourtant, pourrait s’écrouler comme un château de cartes.

La direction doit enfin entendre la souffrance des salariés, reconnaître la dégradation de leurs conditions de travail et prendre des mesures immédiates pour réduire les risques psychosociaux.

La direction doit enfin entendre la souffrance des salariés, reconnaître la dégradation de leurs conditions de travail et prendre des mesures immédiates pour réduire les risques psychosociaux: elle doit arrêter de considérer les salariés comme la seule variable d’ajustement économique!

Encore et toujours, la CGT restera combative et continuera d’être aux côtés de tous les collègues pour obtenir ces avancées indispensables.

Paris, le 12 mars 2026.

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