Communiqué du SNJ-CGT de l’AFP
Alors que les réformes imposées par une logique d’économies sans boussole rédactionnelle commencent à s’imposer un peu partout à l’Agence, les plus jeunes de ses journalistes – qui sont aussi les plus précaires – sont les premiers à payer les pots cassés.
Alors que les réformes imposées par une logique d’économies sans boussole rédactionnelle commencent à s’imposer un peu partout à l’Agence, les plus jeunes de ses journalistes – qui sont aussi les plus précaires – sont les premiers à payer les pots cassés.
Depuis des années, qu’ils soient CDD, apprentis ou en contrat local contraint, ils ont choisi l’AFP pour ce qu’elle représente dans le paysage journalistique: une institution indépendante qui se donne les moyens de pratiquer un journalisme de qualité, dans le monde entier, grâce à la robustesse de son réseau.
Depuis des années, ils font preuve d’adaptabilité, de réactivité, de polyvalence pour répondre au mieux aux attentes de l’Agence, comme le rappelaient une trentaine d’entre eux dans une lettre alertant sur leur « grande précarité ». Depuis des années, ils viennent aussi combler des trous de plus en plus béants au sein de services ou bureaux qui n’ont structurellement plus les moyens d’assurer leurs couvertures sans renfort.
Depuis des années, ils font preuve d’adaptabilité, de réactivité, de polyvalence pour répondre au mieux aux attentes de l’Agence, comme le rappelaient une trentaine d’entre eux dans une lettre alertant sur leur « grande précarité ». Aujourd’hui, le désintérêt de la direction vis-à-vis de cet investissement trouve des traductions concrètes.
Aujourd’hui, le désintérêt de la direction vis-à-vis de cet investissement trouve des traductions concrètes: ici, c’est un jeune journaliste dont tout le monde loue l’engagement, tout autant que les qualités humaines et rédactionnelles, qui n’est pas retenu sur un poste en région pour lequel il était le seul candidat, alors que les besoins sont patents. Là, c’est une graphiste dont l’AFP était à juste titre fière de saluer les prix et récompenses que lui valait son travail magnifique, et qui, après quatre ans d’apprentissage et de CDD, quitte l’Agence, faute de visibilité sur son avenir. Ailleurs enfin, ce sont tant d’autres, trentenaires ou plus jeunes, talentueux et travailleurs, qui sont laissés en standby, dans le flou le plus complet.
Au-delà de quelques mots vaguement compassionnels, la direction ne leur offre aujourd’hui rien de concret, laissant même parfois filtrer entre deux portes la petite musique cynique du « il est toujours possible d’aller voir ailleurs ».
Au-delà de quelques mots vaguement compassionnels, la direction ne leur offre aujourd’hui rien de concret, laissant même parfois filtrer entre deux portes la petite musique cynique du « il est toujours possible d’aller voir ailleurs ». Un air aussi désagréable que dangereux, surtout dans une entreprise qui a pour principale richesse son capital humain et l’attachement de ses salariés!
Alors que le PDG avouait lui-même, au fil de ses derniers échanges avec la rédaction, être conscient du risque de « génération sacrifiée » que pouvaient créer les réformes qu’il appelle de ses vœux, la CGT le prend au mot! Il est en effet essentiel et vital d’offrir des perspectives concrètes et fiables à ceux qui, au risque d’une forte précarité, ont fait le choix de la rejoindre et de lui rester autant que
possible fidèles.
Si le contexte économique et financier est difficile, rien ne justifierait en l’état de fermer le robinet du recrutement et de sacrifier les jeunes talents et cadres de l’Agence de demain.
Si le contexte économique et financier est difficile, rien ne justifierait en l’état de fermer le robinet du recrutement et de sacrifier les jeunes talents et cadres de l’Agence de demain. Ce serait non seulement injuste mais injustifié, et nous serons particulièrement attentifs à cela.
C’est à ce prix que l’AFP restera, malgré les vents mauvais, un pôle d’attraction susceptible d’attirer puis de faire grandir les compétences.
Dans le cas contraire, elle prendrait le risque de saborder son avenir.
Paris, le 16 mars 2026.
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