Elections municipales: une alerte démocratique à prendre en compte d’urgence

0  -  Article mis à jour le 25 mars 2026

Déclaration de la Commission Exécutive Confédérale de la CGT

Dans les communes de plus de 3.500 habitant·es, les élections municipales se sont traduites par l’élection de 1.864 maires de droite ou du centre, de 805 maires de gauche et de 62 maires d’extrême droite (+ 45 par rapport à 2020).

La campagne municipale n’a quasiment pas eu lieu, le débat sur les projets en matière de logement, de transports ou de services publics a été escamoté par des débats d’appareils en vue des élections présidentielles.

Les questions sociales, pourtant prioritaires dans les préoccupations de la population ont été largement invisibilisées par les querelles politiciennes. La campagne municipale n’a quasiment pas eu lieu, le débat sur les projets en matière de logement, de transports ou de services publics a été escamoté par des débats d’appareils en vue des élections présidentielles.

A nouveau, la CGT alerte sur deux phénomènes très inquiétants:

  • Un nouveau record d’abstention: plus de 42% des inscrit·es ne se sont pas rendu·es aux urnes, un record pour des élections municipales (à l’exception de celles organisées durant le COVID).
  • Un score inédit pour l’extrême droite, qui gagne 70 villes et plus de 3.000 conseillers municipaux et obtient l’ancrage local qui lui manquait jusque-là pour espérer gagner les élections présidentielles et disposer d’un groupe au Sénat.

La CGT salue la mobilisation et le sens des responsabilités des électeurs et des électrices qui, encore une fois, contre vents et marées ont empêché la victoire de l’extrême droite dans de nombreuses grandes villes.

La CGT salue la mobilisation et le sens des responsabilités des électeurs et des électrices qui, encore une fois, contre vents et marées ont empêché la victoire de l’extrême droite dans de nombreuses grandes villes comme Marseille, Nîmes, Toulon, Narbonne, Draguignan, ou de candidat·es soutenu·es par l’extrême droite, comme à Paris. De nombreux bons exemples démontrent que le pays n’est pas condamné à l’extrême droite et à la régression sociale.

Cependant, jamais l’extrême droite n’a été aussi forte dans le pays depuis la Seconde Guerre Mondiale. Pour la CGT, cette situation appelle à des remises en cause profondes. Le renvoi dos à dos de l’extrême droite avec une prétendue «extrême gauche» lui a permis de marquer une nouvelle étape dans sa banalisation. Le front républicain n’a jamais été aussi faible, certaines forces, à commencer par le grand patronat et la droite considérant que la gauche est un plus grand danger que l’extrême droite. Les divisions de la gauche et le discours sur les gauches soi-disant « irréconciliables » a démobilisé une partie des électeurs et électrices et réduit les possibilités de victoires au 2nd tour.

Cependant, jamais l’extrême droite n’a été aussi forte dans le pays depuis la Seconde Guerre Mondiale. Le renvoi dos à dos de l’extrême droite avec une prétendue «extrême gauche» lui a permis de marquer une nouvelle étape dans sa banalisation.

La CGT appelle l’ensemble des forces politiques républicaines à enfin tirer les leçons de cette progression continue de l’abstention et de l’extrême droite. Le camp du progrès social et environnemental doit s’unir et se ressaisir. Il y a urgence à répondre aux exigences des travailleurs et des travailleuses et à rompre avec la politique de l’offre qui est un naufrage économique, social et démocratique.

Dans le prolongement des propositions qu’elle a mises en avant dans le débat des municipales, la CGT va interpeller les nouveaux et nouvelles maires (à l’exception de ceux d’extrême droite) sur les urgences sociales et environnementales et la situation des agent·es territoriaux: logement, transports, services publics, salaires et pouvoir d’achat… Les travailleurs et les travailleuses ont besoin de maires qui répondent à leurs besoins!

Dans les villes gagnées par l’extrême droite, la CGT proposera à l’ensemble des organisations syndicales de s’unir pour résister, se protéger, défendre l’égalité et les libertés et ouvrir des perspectives sociales.

Dans les villes gagnées par l’extrême droite, la CGT proposera à l’ensemble des organisations syndicales de s’unir pour résister, se protéger, défendre l’égalité et les libertés et ouvrir des perspectives sociales. La CGT proposera la création d’un observatoire de suivi des villes dirigées par l’extrême droite, notamment en matière de libertés, de discriminations et de solidarité.

Au-delà, cette profonde crise démocratique confirme la nécessité d’amplifier le travail et les luttes syndicales pour que les préoccupations des salarié·es, des privé·es d’emplois et des retraité·es soient en première ligne. La CGT sera au rendez-vous et appelle les travailleuses et les travailleurs à s’organiser en se syndiquant pour se faire entendre!

Montreuil, le 24 mars 2026.

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