La stabulation !

Article mis à jour le 9 mars 2018

Communiqué SNJ-CGT France 3 rédaction nationale

La direction de l’information peut se pavaner : la casse programmée de la rédaction nationale de France 3 se passe sans encombre. C’est bien contraints et forcés que les journalistes du service enquêtes-reportages déménagent ce week-end pour fusionner avec leurs collègues de France 2, dans cet immense open-space que certains ont déjà surnommé « la stabulation ».

Le service EVN, les documentalistes, les assistants, les scriptes, l’infographie et le numérique vont bientôt suivre… Ainsi, la phase 3 d’Info 2015 se concrétise, à marche forcée, non sans dégâts humains…. Bientôt la phase 4, pour les JRI, le service société etc… A fin de l’année, la rédaction de France 3 sera liquidée.

La direction peut féliciter l’éphémère rédacteur en chef de Soir 3, devenu homme des sales besognes, pour son engagement total dans cette entreprise de démolition : six années passées à détruire méthodiquement tous les collectifs de travail.

Le Snj-CGT avait demandé un audit-retour d’expérience après la fusion des services économie, culture et politique. Il n’a pas été entendu. La direction n’a pas même pas voulu écouter les journalistes et les salariés « fusionnés » de force et qui auraient pu apporter un témoignage intéressant pour tous.

Pour cette opération fusion-absorption-destruction, la direction a confié pratiquement toutes les commandes à l’encadrement de France 2, aux méthodes autoritaires décrites dans plusieurs expertises. Mois après mois, on constate les dégâts sur « le moral » des rédactions comme au plan éditorial : mêmes conducteurs, mêmes images, mêmes plateaux incarnés, « stand-up » à gogo. Une uniformisation fatale au pluralisme de l’information.

Info 2015 est une erreur stratégique majeure pour la diversité de l’information de service public. Ce projet aboutira inévitablement, dans un proche avenir, à la disparition des éditions nationales de France 3, tout en creusant encore plus le fossé avec les rédactions régionales.

D’autres fusions sont annoncées dans l’audiovisuel public, avec toujours le même but : faire des économies, tailler dans les effectifs, industrialiser l’information. Dans les services on en fait chaque jour l’expérience. Avec le non remplacement des départs et des absents, après le renvoi des CDD, la charge de chacun est de plus en plus lourde…. Et pourtant on part de moins en moins en reportage !

Info 2015 n’a jamais suscité l’adhésion. Beaucoup se sont résignés à l’usure, ce qui n’est pas très porteur pour une rédaction. Mais il y a aussi beaucoup de tristesse et de colère. La volonté de résister n’a pas disparu pour défendre d’autres valeurs journalistiques ainsi que les salariés broyés par une hiérarchie d’un autre âge.
Il ne suffit pas (côté direction) de parler de bienveillance à tout bout de champ et de nommer « environnement de travail à échelle humaine » un espace pensé pour des journalistes en batterie pour masquer les dégâts humains et éditoriaux d’Info 2015 !

Paris le 9 mars 2018

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