France Bleu / France 3 : retour vers le futur ?

Article mis à jour le 15 mai 2018

Si nos confrères du JDD ont les bonnes infos, merci à l’hebdo du dimanche de nous prévenir de la toute dernière étape de cette ébouriffante course à l’échalote que se livrent les dirigeants du pays et les dirigeants de l’audiovisuel public concernant l’avenir de ce dernier !

Un « JT radio matinal et régional » fabriqué par les rédactions de Bleu et de France 3 dans 8 régions ? Il fallait y penser !

En fait c’est plutôt un « retour vers le futur » car certains s’en souviennent, avant 1982 et la création des stations locales de Radio France, France 3 c’était « en même temps » et la radio et la télé ! Les rédactions régionales de France 3 fabriquaient des journaux radio tôt le matin et le journal télévisé du soir. Mais c’était il y a 40 ans, à l’époque d’un tout autre audiovisuel public et dans un tout autre contexte économique et politique !

Et dire qu’en cette saison où l’on met 68 à toutes les sauces, certains se vantent de laisser le vieux monde derrière nous !

Confusion(s) !

Depuis la publication à l’automne dernier du document “tombé du camion” Cap 22 du ministère de la Culture, c’est à qui – parmi nos dirigeants – rivalisera dans la surenchère des mutualisations-synergies-regroupements fusions-rapprochements sur le dos des salariés, des programmes, des émissions et au bout … de la chaîne…, des téléspectateurs et des auditeurs !

Car comment peut-on imposer, de Paris, une charge supplémentaire de travail à des équipes régionales au bout du rouleau, tant à France 3 qu’à Radio France ?

L’objectif est bien évidemment de réaliser des économies d’échelle conséquentes en fusionnant les équipes.

Provocation(s) !

C’est une véritable provocation quand on supprime les postes par centaines dans nos deux entreprises.

Quand, à France Télévisions, on programme la suppression de 500 postes d’ici 2020, quand on limite le travail des intermittents à 80 jours par an et celui des CDD à 120 jours ; quand on ne remplace plus les absents ; quand non seulement la direction refuse toute augmentation générale des salaires depuis des années mais prévoit une baisse du niveau des mesures individuelles ; quand se prépare la révision du temps de travail à la hausse en particulier pour les journalistes !

Tempête aussi à Radio France où l’idée même de filmer les matinales pour une diffusion télé ne passe pas, alors que les moyens pour réaliser les journaux radio ont été réduits, que des éditions ont été supprimées, par exemple le soir en week-end. De l’aveu même des cadres de Bleu, c’est de toute façon techniquement irréalisable dans les conditions actuelles et dans un délai si court. Le directeur de Bleu, Éric Revel, a d’ailleurs démenti les informations du JDD dès le lendemain de sa parution auprès de ces mêmes cadres.
Mais qui croire dans ce jeu de poker menteur ?

Si ces informations sont fausses, pourquoi la nouvelle PDG de Radio France, Sybile Veil, ne le dit pas clairement, comme la Cgt et d’autres syndicats le lui ont demandé ? Pourquoi Delphine Ernotte, la PDG de France Télévisions, ne s’exprime-t-elle pas sur ce sujet devant les instances du personnel ?

Enfin, comment peut-on oser annoncer d’abord à la presse – comme un fait accompli – la fabrication d’une nouvelle émission d’info à des rédactions régionales qui n’ont jamais été sondées, interrogées et encore moins consultées ?

« Le poisson pourrit par la tête » ! Vieux proverbe chinois ou adage d’Erasme, c’est toujours d’actualité et toujours pas une bonne nouvelle !

Paris, le 14 mai 2018

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