Reuters France : première grève depuis 15 ans

0  -  Article mis à jour le 7 mars 2019

Le SNJ-CGT apporte tout son soutien à la rédaction de Reuters France, confrontée à un plan de suppression de 25 postes, qui a décidé de se mettre en grève. Nous reproduisons ici un communiqué de la rédaction, qui explique les raisons de ce mouvement, inédit depuis 15 ans.

Communiqué de la rédaction de Reuters France

Les membres de la rédaction de l’agence Reuters en France se sont réunis en assemblée générale mardi 5 mars et ont décidé massivement de faire grève à compter de mercredi soir (6 mars) à minuit pour 24 heures afin de protester contre les réductions d’effectifs annoncées la semaine dernière par la direction.

Il s’agit de la première grève à Reuters en France depuis 15 ans.

Les grévistes entendent ainsi signifier collectivement leur rejet de la suppression de 25 postes au sein des services de l’agence, qui aura pour principal effet de diminuer de plus de moitié le service texte en langue française.

Dans un message adressé à la direction, ils disent « contester les raisons économiques mises en avant par la direction pour justifier ces départs, ainsi que la pertinence et l’efficacité de la réorganisation qui leur a été proposée ».

Pour continuer de fournir du contenu en français à ses clients malgré la réduction des effectifs, l’agence entend « généraliser » l’usage de la traduction automatique ainsi que recourir aux services du bureau de Gdynia, en Pologne, où elle a déjà délocalisé le service internet qui met en ligne les dépêches en langue française.

Pour continuer de fournir du contenu en français à ses clients malgré la réduction des effectifs, l’agence entend « généraliser » l’usage de la traduction automatique ainsi que recourir aux services du bureau de Gdynia, en Pologne, où elle a déjà délocalisé le service internet qui met en ligne les dépêches en langue française.

Ces annonces s’inscrivent dans une politique globale de réduction des effectifs qui affecte particulièrement les services « domestiques » en allemand, espagnol, russe ou italien, notamment.

Ces services sont pourtant cités par la direction comme apportant une plus-value qui distingue Reuters de son principal concurrent anglophone, Bloomberg. Or, Michael Friedenberg, nommé à la tête de Reuters News en décembre, a fait de la croissance et de la valeur ajoutée les axes de sa stratégie.

Thomson Reuters a fait état fin février d’une hausse de 9 % de son chiffre d’affaires trimestriel, hors effets de change.

L’entreprise a cédé en octobre dernier une participation de 55 % dans sa division Financial & Risk (F&R) au fonds Blackstone. Dans le cadre de cet accord, cette division appelée Refinitiv versera 325 millions de dollars par an à Reuters pendant 30 ans pour accéder à son flux d’informations, soit un total de près de 10 milliards de dollars.

Les salariés de Reuters News en France ont demandé que les négociations qui doivent s’ouvrir le 11 mars sur le plan de sauvegarde de l’emploi se déroulent dans le respect des « Trust Principles » qui garantissent l’indépendance et l’intégrité de l’agence.

Priée de réagir, la direction de Reuters s’est refusée à tout commentaire.

La rédaction.

 

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Nous reproduisons également ci-dessous un message de soutien de la section SNJ-CGT de l’AFP.

Message de soutien du SNJ-CGT de l’AFP

Cher(e)s consœurs et confrères,

Nous avons appris la grave décision de la Direction de Thomson Reuters de supprimer 25 postes de journalistes dans la rédaction parisienne de votre agence.

Cette saignée des effectifs rédactionnels en France s’inscrit dans un plan de réduction de journalistes en Europe : en Italie et en Allemagne particulièrement, mais aussi ailleurs dans le monde, puisque le groupe canado-britannique, maison mère de l’agence de presse, envisage de réduire l’an prochain 12 % de ses effectifs et supprimer près d’un tiers (30 %) de ses bureaux.

Ces décisions du groupe surviennent alors que son chiffre d’affaires trimestriel est en hausse de 9 %. Nous vous exprimons notre entière solidarité face à ces réductions d’effectifs injustifiés, dans un contexte où les agences de presse internationales offrent aux citoyens via les medias mainstream une information vérifiée et hiérarchisée par des journalistes professionnels.

A l’AFP, nous sommes également face à un plan de réductions d’emplois touchant toutes les catégories de personnels de l’agence avec une centaine de suppressions de postes dans le cadre du « plan de transformation » du PDG Fabrice Fries, auquel s’opposent les syndicats.

Solidairement.

Le SNJ-CGT de l’AFP, le 5 mars 2019

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