Licenciement de Guillaume Meurice : Le grand Abandon

0  -  Article mis à jour le 13 juin 2024

Communiqué de la CGT Radio France

Quelle cynique obstination et quel immense gâchis ! La décision de la présidence de Radio France a donc été officialisée : Guillaume Meurice est licencié pour « faute grave », moins de six semaines après avoir été suspendu de l’antenne. La solidarité et la mobilisation des salariés de la radio publique et de ses auditeurs n’auront pas permis d’empêcher son éviction définitive. Nous sommes aujourd’hui affligés et en colère face à tant d’entêtement et au non-respect du contrat passé avec les humoristes.

Cette annonce, que nous redoutions, résonne tristement avec l’actualité, alors que la France est plongée dans une grande incertitude politique, que l’extrême-droite est aux portes du pouvoir et que Radio France est en danger.

Cette annonce, que nous redoutions, résonne tristement avec l’actualité, alors que la France est plongée dans une grande incertitude politique, que l’extrême-droite est aux portes du pouvoir et que Radio France est en danger. Elle donne raison à certains médias aux partis pris nauséabonds, aux auteurs de menaces inacceptables, de tous bords, à cette indignation à géométrie variable contre laquelle nos dirigeants devraient au contraire constituer un rempart.

Avec le débarquement de Guillaume Meurice, c’est toute l’émission du Grand Dimanche Soir, déjà injustement affaiblie, qui est torpillée une nouvelle fois. La place de la satire politique sur les ondes du service public est plus que fragilisée. La liberté des humoristes et des artistes de caricaturer, de pratiquer l’outrance, doit être défendue. Céder sur le terrain des libertés d’expression et de la création artistique aura un prix, celui de la confiance que les publics nous ont accordée, mais aussi en interne celui de la peur et de l’autocensure.

Céder sur le terrain des libertés d’expression et de la création artistique aura un prix, celui de la confiance que les publics nous ont accordée, mais aussi en interne celui de la peur et de l’autocensure.

C’est le signe d’un dérèglement du climat démocratique.

En s’appuyant sur des contre-vérités, en laissant croire qu’elle n’avait pas le choix – ce qui est faux – Sibyle Veil affirme sa rupture avec les personnels de Radio France. « Nous sommes tous dépositaires de quelque chose de plus grand que nous », dit-elle dans un message adressé aux équipes de France Inter, pour justifier sa décision. En tant que présidente de Radio France, elle devrait s’appliquer ce principe à elle-même. Diriger la radio de service public implique de savoir écouter*, dépasser ses propres convictions et ne pas succomber aux pressions politiques.

Cette décision crée un précédent lourd de conséquences.

* “Au commencement était l’écoute”, titre du livre de Sibyle Veil.

Paris, le 13 Juin 2024 .

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