M6: les caisses sont vides, sauf pour… l’augmentation du PDG

0  -  Article mis à jour le 28 avril 2026

Communiqué SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes

Imposer l’austérité salariale à ses équipes, tout en s’offrant une augmentation personnelle de plus de 20%? C’est bien ce que David Larramendy, PDG de M6, s’apprêterait à faire ce mardi, lors d’une assemblée générale des actionnaires, selon des informations, datées du 22 avril, du site La Lettre.

Le nouveau patron de M6, qui a succédé à Nicolas de Tavernost en 2024, envisagerait en effet de revaloriser sa rémunération globale de plus de 150.000€ par an. Soit une augmentation de 12.500 euros par mois!

Le nouveau patron de M6, qui a succédé à Nicolas de Tavernost en 2024, envisagerait en effet de revaloriser sa rémunération globale de plus de 150.000€ par an. Soit une augmentation de 12.500 euros par mois! Ces chiffres, déjà extravagants, sont particulièrement choquants au vu de la situation sociale à M6. Les représentants du personnel ont dénoncé « une décision qui passe mal dans un contexte économique compliqué », décrivant un « malaise général » des salariés de l’entreprise. Au-delà du cas de David Larramendy, plusieurs hauts cadres de l’entreprise se voient proposer des augmentations tout aussi importantes.

La direction vient d’annoncer un plan d’économies massif de 80 millions d’euros pour les cinq prochaines années. Plusieurs journalistes et techniciens ont vu leur nombre de contrats et piges se réduire brusquement.

Pour l’immense majorité des salariés, la direction tient un tout autre discours. À Métropole Télévision (qui regroupe M6 et la radio RTL), aucun accord salarial n’a pu être trouvé lors des négociations annuelles obligatoires (NAO) pour 2026, compte tenu de la faiblesse des propositions de la direction (elle a concédé une augmentation d’environ 1,4% de la masse salariale, alors que les syndicats demandaient 2,5%). Cette même direction vient par ailleurs d’annoncer un plan d’économies massif de 80 millions d’euros pour les cinq prochaines années, avec de sinistres perspectives pour ses salariés les plus précaires. Plusieurs journalistes et techniciens ont vu leur nombre de contrats et piges se réduire brusquement.

En septembre 2025, la cour d’appel de Versailles a condamné M6 pour le non-respect du versement de la prime d’ancienneté des journalistes rémunérés à la pige. L’entreprise n’a toujours pas régularisé la situation pour l’ensemble des pigistes qu’elle emploie.

Rappelons que M6 a été sanctionné à plusieurs reprises pour ses méthodes de gestion illicites, en particulier sur les salaires. En septembre 2025, la cour d’appel de Versailles a condamné M6 pour le non-respect du versement de la prime d’ancienneté des journalistes rémunérés à la pige. L’entreprise n’a toujours pas régularisé la situation pour l’ensemble des pigistes qu’elle emploie.

Quelques mois plus tôt, en juin 2025, la Guilde des auteurs réalisateurs de reportages et documentaires (GARRD) avait dénoncé, à la suite d’une enquête, les conditions de travail très dégradées au sein des programmes produits – en interne ou en externe – pour M6, relayant les critiques de nombreux journalistes et réalisateurs sur « la rémunération globale inappropriée au regard du travail fourni ».

Nous demandons au PDG de renoncer à son augmentation, de reprendre la NAO en vue d’améliorer la rémunération des salariés, et de revoir sa copie concernant le plan d’économies.

Dans ce contexte, les syndicats de journalistes SNJ, SNJ-CGT et CFDT-Journalistes demandent à David Larramendy de renoncer à son augmentation, de reprendre la NAO en vue d’améliorer la rémunération des salariés, et de revoir sa copie concernant le plan d’économies. Ils demandent aussi au PDG de M6 de peser sur les organisations patronales du secteur afin de relancer les négociations paritaires de la télédiffusion (en incluant les organisations représentatives des journalistes), où aucune grille de salaires minima n’existe pour les journalistes ou les auteurs-réalisateurs.

La direction de M6 doit se monter à la hauteur de ces chantiers collectifs fondamentaux pour les salariés de l’entreprise. Nous serons aux côtés des journalistes pour défendre leurs droits.

Paris, le 27 avril 2026.

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