Du jeudi 31 mai au jeudi 14 juin.
En cas de problème, contactez-nous : snj@cgt.fr

Votez sur http://www.e-votez.net/ccijp/

Janvier 2018, à l’issue d’une grève de plusieurs semai­nes, la rédaction des Actualités sociales hebdomadaires (titulaires et pigistes réunis) obtient des embauches pour continuer à réaliser un magazine de qualité dans des conditions de travail dignes. Tout n’a pas été gagné mais à l’heure où les Bolloré, Drahi et autres Arnault concentrent les médias, dépècent les rédactions et maltraitent l’information, à l’heure où l’audiovisuel public est l’objet de restructurations drastiques, cette lutte de David contre Goliath apporte des raisons d’espérer.

Les chiffres de la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP) sont parlants. Depuis 2009, le nombre de journalistes encartés ne cesse de chuter, passant de 37 390 à 35 047 en 2017, soit une baisse d’environ 300 par an ! La profession se précarise dangereusement. Aujourd’hui, 72 % des premières demandes proviennent de salariés en contrat précaire (CDD et pigistes), contre 50 % en 2009. Sans compter tous ceux qui ne gagnent même plus assez pour obtenir le précieux sésame.

Danger sur l’indemnité de licenciement, le 13e mois et la prime d’ancienneté

Les perspectives de 2018 ne sont guère plus réjouissantes. Les plans de licenciements se multiplient dans les médias. Les patrons de presse ont d’ailleurs été parmi les premiers à se jeter sur la « rupture conventionnelle collective », créée au 1er janvier par les ordonnances Macron, comme au Figaro ou aux Inrockuptibles. Chez les journalistes, ces ruptures conventionnelles collectives font aussi courir le risque d’une remise en cause de la règle du « mois par année » pour le calcul de l’indemnité de licenciement. Une remise en cause déjà à l’œuvre dans les agences de presse, suite à une décision inique de la Cour de cassation.

Les ordonnances Macron, c’est aussi la possibilité de mettre à mort les conventions collectives, en particulier le treizième mois et la prime d’ancienneté (qui cumule ancienneté dans le métier et dans l’entreprise) pour les journalistes. C’est une nouvelle attaque contre notre statut. La CGT a été en pointe dans le combat contre ces ordonnances et dans les entreprises de presse, le SNJ-CGT, dont la représentativité nationale est de 27 %, combat leur mise en place.

Votons SNJ-CGT !

Le SNJ-CGT lutte au quotidien dans les entreprises, dans la branche et au plan national. Il est de toutes les manifestations contre la casse des droits sociaux et de toutes les négociations : salaires et qualifications, santé, pigistes, protection des sources…

Le SNJ-CGT défend et soutient tous les journalistes dans toutes les formes de presse en butte à la mainmise des actionnaires et des publicitaires sur le contenu rédactionnel. Il condamne toutes les pressions politiques et revendique l’indépendance juridique des rédactions.

Pour toutes ces raisons, il est primordial de voter SNJ-CGT aux élections de la CCIJP. D’autant qu’avec la disparition des élections prud’homales décidée par le gouvernement Hollande, les possibilités de vote national pour les salariés sont devenues rares. Nous, journalistes, avons encore le bulletin de vote à la CCIJP.

Utilisons-le !

Les candidats du SNJ-CGT




Commission supérieure

Sabine Mellet

Titulaire

FMM-France 24

Lucie Tourette

Suppléante

Pigiste

Renaud Lambert

Suppléant

Le Monde diplomatique


Commission de première instance


Titulaires


Thierry Cerinato

Pigiste

Elisabeth Braconnier

France 3 Bourgogne-Franche-Comté

Michèle Herzberg

Les Dernières Nouvelles d’Alsace

Pablo Aiquel

pigiste, La Gazette des communes

Audrey Loussouarn

L’Humanité

Dan Israel

Mediapart

Babouse

(François-Henry Monier) dessinateur, pigiste

Eve Szeftel

AFP


Suppléants


Nathalie Simon

Pigiste

Emmanuel Vire

Geo

Véronique Marchand

France 3 Hauts-de-France

Lionel Thompson

Radio France

Marion Esquerré

ASH

Dominique Carlier

Auto Plus

Aurélie Constant

La Voix du Nord

Jean-Baptiste Rivoire

Canal+


Régions



Alpes
(07-26-38-73-74)

Claudine Longhi-Bernard

France 3 Chambéry

Virginie Perrin

Autoroute info

Alsace
(67-68)

Anja Vogel

Radio France Strasbourg

Michel Frison

Les Dernières Nouvelles d’Alsace

Aquitaine
(24-33-40-47-64)

Xavier Ridon

Pigiste

Sabrina Corrieri

France 3 Nouvelle-Aquitaine

Auvergne-Limousin
(03-15-43-63-19-23-87)

Sonia Reyne

Pigiste

Laetitia Théodore

France 3 Limousin

Bourgogne, Franche-Comté
(21-25-39-58-70-71-89-90)

Manuel Desbois

Le Bien Public

Thierry Chauffour

France 3 Bourgogne-Franche-Comté

Bretagne
(22-29-35-56)

Carole Collinet

France 3 Bretagne

Serge Papail

Ouest-France

Centre
(18-28-36-37-41-45)

Hugues Le Guellec

La Nouvelle République du Centre-Ouest

Mourad Guichard

Pigiste

Champagne-Picardie
(02-08-10-51-52-60-80)

Philippe Fluckiger

Le Courrier Picard

Philippe Lacoche

Le Courrier Picard

Côte d’Azur, Corse
(06-2A-2B-83)

Laurent Martinat

Var-Matin

Nathalie Morin

France 3 Côte d’Azur

Languedoc-Roussillon
(11-30-34-48-66)

Jean-Marie Dinh

La Marseillaise

Pierre Trouillet

France 3 Occitanie

Lorraine
(54-55-57-88)

Frédéric Thouron

Le Canard enchaîné

Chrystelle Mahieu

L’Est Républicain

Midi-Pyrénées
(09-12-31-32-46-65-81-82)

Amélia Pujol

AFP

Marie Martin

France 3 Occitanie

Nord
(59-62)

Sophie Filippi-Paoli

La Voix du Nord

Gilles Durand

20 Minutes

Normandie
(14-50-61-27-76)

Guillaume Le Gouic

France 3 Basse-Normandie

Rose-Aimée Curot

Le Figaro

Pays de Loire
(44-49-53-72-85)

Antoine Denéchère

France Bleu Loire Océan

Laurent Zarini

Le Courrier de l’Ouest

Poitou-Charentes
(16-17-79-86)

Jean-Michel Laurent

La Nouvelle République du Centre-Ouest

Antoine Morel

France 3 Poitou-Charentes

Provence
(04-05-13-84)

Claire Lacroix

France 3 Provence

Nathalie Fredon

La Marseillaise

Rhône
(01-42-69)

Mouloud Aïssou

France 3 Rhône-Alpes

Claudio Rosmino

Euronews

Dom-Tom

Karl Constable

Guyane La Première

Manuel Marchal

Témoignages

À quoi sert la carte de presse ?

Cette carte convoitée est, en premier lieu, un outil de travail. C’est elle qui va vous permettre d’obtenir des accréditations, d’accéder à certains lieux, de justifier du caractère professionnel de votre activité auprès des pouvoirs publics ou des organisateurs de différentes manifestations.

C’est, en second lieu, un instrument de reconnaissance de votre travail et de votre statut. Elle vous distingue, vis-à-vis de vos interlocuteurs, des amateurs qui peuvent animer des blogs personnels sans toujours respecter les principes professionnels du journalisme ; elle signifie, en cas de litige, que vous relevez bien de la convention collective des journalistes et pouvez prétendre aux droits qui en découlent (clauses de conscience ou de cession…).

Posséder la carte augmentera parfois de manière automatique le tarif de vos piges ou le montant de votre salaire. Et un nouvel employeur se référera à votre carte de presse pour déterminer votre ancienneté professionnelle.

Ne pas confondre marketing et journalisme

La position du SNJ-CGT au sein de la CCIJP est très claire : la carte pour tous les journalistes mais rien que les journalistes. En cela, le dernier mandat nous a confortés. Le 16 octobre 2015, le Conseil d’État a dessiné des frontières précises. Dans sa décision, il exclut « la reconnaissance du statut du journaliste professionnel lorsque l’employeur a un objet principalement commercial ou promotionnel ». On ne peut pas être journaliste pour le magazine de McDo ou celui de la Fnac, puisqu’ils ont avant tout pour but de vendre des hamburgers ou des produits culturels. On ne peut pas être journaliste pour un site Internet comparateur de prix, comme des tribunaux administratifs ont voulu nous le faire croire.

Mais il y a encore du travail. La promotion, le marketing, le « brand content » (contenu vendu à des marques) progressent tous les jours et sous des formes de plus en plus floues. C’est pourquoi le SNJ-CGT revendique la consultation par les élus de chaque entreprise des bordereaux collectifs de renouvellement. Ces bordereaux, impératifs pour le traitement de plus de 35 000 dossiers annuels, sont bien trop opaques pour les huit commissaires journalistes et leurs suppléants qui ne peuvent pas tout connaître du monde des médias. Les élus du personnel, plus au fait des réalités des rédactions et des filiales au sein de leur groupe, pourraient ainsi devenir de vrais lanceurs d’alerte.

Le journal « est une œuvre quotidienne qui ne doit être confiée qu’aux mains expérimentées des professionnels », ayant besoin d’« un signe visible de reconnaissance, qui sera la carte d’identité ».

Rapport parlementaire en vue de la création du statut de journaliste, 1935

Un appel de Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT

Le secteur des médias traverse une grave crise. Le nombre de journalistes diminue, la précarité se développe, les conditions de travail se dégradent. La qualité de l’information en pâtit, et ce alors que le pluralisme est étouffé par la mainmise de quelques milliardaires sur la plupart des médias.

Pourtant, la liberté de la presse est un droit fondamental, un pilier de la vie démocratique auquel la CGT attache une importance majeure. Les liens entre syndicalistes et journalistes sont nombreux. Ils permettent de diffuser des informations qui, sinon, resteraient secrètes. C’est pour cette raison que la CGT et le SNJ-CGT souhaitent que le secret des sources des journalistes soit pleinement respecté et qu’un véritable statut soit accordé aux lanceurs d’alerte.

Je vous appelle à apporter votre soutien aux candidates et candidats du SNJ-CGT à l’élection de la Commission de la carte de presse.

Précarité et auto-entrepreneuriat

La CCIJP dénombre 35 047 cartes accordées en 2017, dont 6 704 cartes « pigistes » (pigistes et CDD), auxquelles il faut ajouter 1 439 cartes « chômeurs ». 

La précarité économique et sociale est de plus en plus prégnante. On constate une baisse du volume des piges, des CDD de plus en plus courts et un recours (illégal) de plus en plus fréquent aux CDD d’usage (contrats de un à quelques jours). Dans le cadre des plans de licenciement, les pigistes sont en première ligne des suppressions d’emploi. Face à cette situation, la commission accorde de plus en plus souvent la carte lors des premières demandes, même si les bulletins de salaire ne sont pas tous consécutifs. Concernant les revenus requis, sont pris en compte l’historique du demandeur et ses accidents de parcours.

Il n’est pas rare que la carte soit accordée même si les 627 euros par mois (un demi-Smic) ne sont pas atteints. La commission attribue également une carte de presse aux « journalistes » rémunérés sous statut d’auto-entrepreneur, dès lors que ceux-ci tirent le principal de leurs revenus d’une activité journalistique salariée. Il n’est bien sûr pas question pour le SNJ-CGT d’ouvrir davantage l’accès à la carte pour lesdits auto-entrepreneurs. Nous le savons, la plupart de ces journalistes n’ont pas choisi d’être des « entrepreneurs », ils y ont été contraints pour pouvoir continuer de travailler. Ils sont d’ailleurs pénalisés par la perte de leur carte de presse. Mais nous ne pouvons cautionner cette pratique illégale et cette sortie du Code du travail, avec tout ce que cela signifie en termes de conditions de travail, de rémunération et de protection sociale. Le SNJ-CGT s’oppose aux patrons qui, dans ce contrat « de gré à gré », ont toutes les cartes en main et imposent leur loi à ces faux « indépendants » tout en leur en ôtant tout moyen de se défendre.

Pour toutes les raisons évoquées plus haut, la présence d’un(e) pigiste à la commission nous paraît essentielle. Rappelons d’ailleurs que la seule pigiste qui siège à la commission est élue SNJ-CGT !

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