FIJ : la solidarité en acte face aux menaces contre les journalistes d’Al Jazeera

Article mis à jour le 11 août 2017

DOHA – Les menaces pesant sur la liberté d’expression dans la région du Golfe, principalement contre la chaîne de télévision qatarie Al Jazeera et ses journalistes après l’embargo décidé par Ryad, les Emirats arabes unis, Barhein et l’Egypte étaient au centre d’une conférence internationale tenue au Qatar (24/25 juillet).

Trois cents participants appartenant à de nombreuses organisations de défense du journalisme, de syndicats (FIJ), d’ONG (IPI, HRW, Pen, etc), d’organisations internationales (OSCE), d’universitaires, de journalistes, etc ont débattu à Doha (24/25juillet) dans le climat de crise affectant le Golfe,.

La réunion organisée par le Comité national des droits de l’Homme du Qatar sur le thème « la liberté d’opinion face aux menaces » avait pour but de sensibiliser les syndicats, les organisations internationales (OSCE) et de multiples ONG contre la décision de l’Arabie saoudite et ses alliés qui ont conditionné le retour à des relations normales avec Doha sous plusieurs conditions, dont la fermeture d’Al Jazeera. l’émirat gazier étant accusé de soutenir le terrorisme.

Jim Boumelha, au nom de la FIJ, a expliqué la nécessité de cette conférence en insistant sur « le moment très critique pour les collègues d’Al Jazeera ». Il a également   rappelé face aux menaces pesant sur la profession de par le monde que les « journalistes ne sont pas des criminels ». Il a fustigé les propos du président Donald Trump accusant les journalistes d’ « ennemis du peuple américain » et appelé à « répondre à ce défi ».

Younes Mjahed, premier vice président de la FIJ, et responsable du syndicat marocain, a tenu à exprimer « la solidarité » en direction des journalistes de la chaîne qatarie et souligné « l’importance du droit syndical » et a appelé à faire face à « l’extrémisme, la haine et à la discrimination ».

A l’issue des débats, le moment le plus fort de la solidarité a été la visite au siège de la chaîne qatarie où se sont rendus les représentants des syndicats de journalistes, dont ceux des organisations syndicales françaises (SNJ et SNJ-CGT).

Des dizaines de délégués, après avoir posé devant l’immeuble pour la photo souvenir, ont « envahi » pacifiquement le studio du QG d’Al Jazeera, accueillis par une foule compacte de nombreux journalistes et employés de la chaîne. La scène a été retransmise en direct avec l’intervention de plusieurs porte-parole des syndicats (européen, latino, asiatique, africain, arabe etc). Les délégués présents ont appelé à l’aide de panneaux : à « la liberté de la presse », à l’ « Unité ». « Nous exigeons que les journalistes ne soient pas traités comme des criminels  », ou encore « accès de l’information au public ». A l’issue de cette conférence, Seamus Dooley, un des dirigeants du NUJ (Syndicat national des Journalistes britanniques) a souligné lors d’un point de presse face à l’enjeu de la crise dans le Golfe et des menaces sur la liberté d’expression que « les journalistes ne sont pas des pions dans un jeu politique ».

Doha   – PK

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