Pigistes, CDD, il est urgent de tout changer

Article mis à jour le 3 octobre 2017

La « boulette » dont les pigistes de Radio France ont été victimes n’est pas seulement la malencontreuse erreur d’un cadre égaré qu’il suffirait de sanctionner.
C’est l’aboutissement d’un système où de tels propos à l’encontre des salariés, surtout les plus précaires, ne choquent pas la hiérarchie. Que se serait-il passé si ces propos ne s’étaient pas retrouvés étalés sur la place publique par erreur ?

Rien ! Et c’est cela qui est le plus choquant. Combien de journalistes ont essuyé de telles humiliations ? Et depuis combien de temps ? Cette boulette n’a rien d’une bavure managériale. Elle est le produit d’une organisation en place.

Ce n’est pas seulement un cadre qu’il faut sanctionner. Ce n’est pas seulement la formation des cadres qui est sérieusement en cause. C’est tout le système du recours à la précarité à Radio France qu’il est urgent de changer. Si Radio France a présenté de timides excuses aux journalistes choqués par ces commentaires, elle devrait surtout s’excuser d’avoir mis en place une structure qui en a permis l’existence et revoir cette organisation.

Il est inacceptable que Radio France continue d’abuser du recours à la pige pour couvrir les besoins permanents

Après cet incident scandaleux, il est inacceptable, plus que jamais, que Radio France continue d’abuser du recours à la pige et aux CDD pour couvrir des besoins permanents. Il est inacceptable, plus que jamais, que Radio France continue d’imposer aux pigistes et aux CDD un parcours du combattant absurde et humiliant pour intégrer le planning ou décrocher un improbable CDI. Il est inacceptable, plus que jamais, que Radio France vire arbitrairement, après un à trois ans de travail, les pigistes qui ne parviennent pas à intégrer le planning ou les CDD qui ne décrochent pas un CDI.
Plusieurs syndicats, dont la CGT, ont fait une proposition de plannings de CDI de remplacement, qui mettrait fin à la précarité du planning CDD. Il faut que la direction accepte d’ouvrir une négociation sur cette question.

Les pigistes ne sont pas des stagiaires, ni des bouche-trous ou des journalistes occasionnels. Ce sont des journalistes à part entière, qui ont des droits définis par la loi (notamment la loi Cressard). L’utilisation de la pige à Radio France est totalement abusive et en contradiction flagrante avec l’esprit de ces textes. La CGT se tiendra, comme elle l’a toujours fait, aux côtés des pigistes qui veulent faire valoir leurs droits.

Paris, le 02 octobre 2017

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