ASH : la grève se poursuit

0  -  Article mis à jour le 21 juin 2018

 

 

La grève au magazine Actualités sociales hebdomadaires (ASH), suivie à 100 % par la rédaction, arrive à la fin de sa première semaine. La direction générale de la société, et plus largement du groupe auquel elle appartient (Groupe6tm), refuse d’ouvrir un véritable dialogue sur la principale revendication des journalistes : le maintien des emplois au sein de la rédaction.

Pour mémoire, en grève presque 3 semaines en janvier, les journalistes des ASH avaient obtenu dans un protocole de fin de conflit le retour à un effectif de 12 temps pleins de rédacteur et l’engagement de son maintien. Dans ce cadre, six journalistes ont été recrutés. Désormais, leurs contrats arrivent à échéance le 30 juin et la direction a prévenu qu’ils ne seront pas prolongés.
Groupe6tm propose à ces journalistes de signer un CDI dans l’agence de presse Pixel Image qui lui appartient. L’objectif est qu’ASH Publications, réduites à 4 rédacteurs, sous-traite la grande majorité de ses contenus éditoriaux à cette agence. Il en va de même (ou ira de même, à terme) pour toutes les autres sociétés éditrices de presse du groupe, qui éditent des titres tels que Liaisons sociales magazines, Entreprises et Carrière, Tour Hebdo, Supply Chain, l’Officiel des transporteurs, France route… Toutes deviendront clientes de Pixel Image, comme elles sont déjà clientes d’autres sociétés du même groupe : SDV (pour la plateforme internet imposée à tous les titres), XMedia (pour des logiciels de gestion spécialisés dans la presse), Info6tm (qui réunit pour l’instant les services marketing, annonces classées, régie pub, marketing web, etc)…
Les journalistes de l’agence Pixel Image, par définition, ne sont attachés à aucun titre de presse. Dans le meilleur des cas, ils seront spécialisés dans une thématique. Mais cela ne suffit pas à répondre aux attentes exigeantes d’un lectorat professionnel. Par exemple, les questions liées au handicap concernent l’urbanisme et la construction, le transport, les RH, le médico-social… Mais les acteurs qui travaillent sur ces questions, dans chacun de ces secteurs, n’ont pas les mêmes besoins en matière d’information. Une telle stratégie éditoriale, fondée sur une « mutualisation des expertises » selon la direction, mènera à l’affaiblissement du niveau des contenus et, inévitablement, à l’affaiblissement des titres de presse eux-mêmes, à commencer par les ASH qui figurent encore au rang de référence.
C’est contre ce modèle que la rédaction des ASH se bat. Pour répondre aux exigences d’un lectorat professionnel, elle veut rester soudée au sein d’une même entreprise et avoir les moyens de toujours améliorer sa connaissance des acteurs et des problématiques du secteur médico-social pour maintenir son niveau de qualité.

Vous pouvez contribuer au soutien à la lutte des salariés des ASH : caisse solidarité : https://goo.gl/8cSmz2

Communiqué de presse

En grève depuis 5 jours, les 14 salariés sur site et les pigistes de la rédaction des ASH se heurtent au refus de la direction de discuter de la problématique au coeur du conflit : le maintien des emplois et des compétences au sein de la société ASH Publications.

Contrairement au message que cherche à faire passer, la direction de Groupe6tm, auquel appartient ASH Publications, les journalistes de la rédaction ne font pas la « fine bouche ». Ils s’inquiètent très sérieusement pour l’avenir du magazine.

En maintenant dans un premier temps le flou sur sa stratégie globale tout en appliquant une politique aveugle de réduction des coûts, M. Grandidier a fait fuir une grande partie des rédacteurs « historiques » des ASH, et avec eux une expertise reconnue.

A compter de l’été 2017, la direction a cessé de remplacer les partants, laissant la rédaction se vider de ses journalistes. C’est dans ce contexte de sous-effectif qu’une première grève a éclaté le 2 janvier dernier. Suivie à l’unanimité pendant 19 jours, elle a abouti, in fine, au retour à un effectif de 12 rédacteurs et à l’engagement de son maintien sur la durée.

Ainsi, entre février et mars, six journalistes ont été recrutés en CDD. Ils se sont investis dans leur nouvelle fonction, se sont formés aux problématiques du secteur social et médico-social. Mais, le 30 juin, leur contrat prend fin.

Des contenus en voie de sous-traitance

En dépit de l’engagement pris en fin de grève, la direction a annoncé que ces six emplois ne seraient pas maintenus. Pourquoi ? Parce que le Groupe6tm entend rapidement regrouper les rédacteurs de toutes ses sociétés de presse au sein d’une entité unique, l’agence Pixel Image.

L’activité exclusive de cette « agence de presse » consiste à fournir contenus et services éditoriaux à ses clients, qui ne sont autres que les sociétés éditrices de presse du groupe de M. Grandidier. Dans cette agence où les salaires sont inférieurs à ceux pratiqués chez ses clients, les journalistes ne sont plus, par définition, attachés à un titre de presse et peuvent écrire sur divers secteurs d’activités.

Si le magazine ASH devait fonctionner sur ce modèle de sous-traitance, il y a fort à craindre qu’il y perde ce qui fonde sa réputation dans le secteur médico-social : son expertise et son sérieux.

Les journalistes, unis, restent mobilisés pour le maintien des effectifs de la rédaction et pour pouvoir continuer à répondre aux exigences des lecteurs. Face à l’absence de dialogue avec la direction, la grève continue.

Paris, le 15 juin 2018

Contacts : salaries.magazine.ash@gmail.com – twitter @salaries_magASH
Marie Guillet (SNJ) 06.84.75.49.33 – Marion Esquerré (SNJ-CGT) 06.83.31.90.91.

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