Hommage à Maurice Rajsfus

0  -  Article mis à jour le 5 juillet 2020

Hommage à Maurice Rajsfus le samedi 4 juillet à partir de 16h à La Parole errante à Montreuil (Métro Croix de Chavaux)

« Il y a entre la police et moi un vieux compte qui ne sera jamais réglé »

Etrange paradoxe : dans la période où les manifestations et les mouvements de lutte contre les violences policières et les révélations sur le racisme et le fascisme d’une partie de la police française est exposée sur la place publique, Maurice nous quitte.

Maurice Rajfus avait entrepris à partir de 1968 de recenser inlassablement les violences policières. L’écrivain, journaliste, militant et historien Maurice Rajsfus s’est éteint samedi, à l’âge de 92 ans.

« Infatigable militant antiraciste et antifasciste, Maurice Rajsfus fut un des créateurs de « Ras l’Front » au début des années 1990 et animateur du bulletin « Que fait la police ? » qui dénonça pendant près de 25 ans les violences et l’arbitraire policier », indique son fils, Marc Plocki, qui a annoncé son décès.

Précurseur du travail de David Dufresne sur le recensement des actes de violence de la police française, Maurice Rajfus était adolescent lorsqu’un voisin de palier, policier, est venu arrêter ses parents en juillet 1942. C’était la Rafle du Vel d’Hiv. L’orphelin de Vincennes ne devra son salut qu’à ses 14 ans, la tranche d’âge étant exceptionnellement exclue du coup de filet.

Il ne pardonnera jamais, et consacrera même sa vie à documenter les dérives policières. Des milliers de fiches bristol tapissent encore son bureau à Cachan. L’« historien de la répression », à l’origine du réseau Ras l’Front et de l’Observatoire des libertés publiques, s’est beaucoup appuyé sur ses archives amateures pour écrire ses 60 livres en seulement 15 ans.

Plusieurs extraits et rushs de films portant sur Maurice Rajsfus seront diffusés le 4 juillet. Une première table-ronde fera office de « regard croisé sur ses livres ». La seconde aura pour thème : « Dénoncer les violences policières, transmettre le flambeau, le combat d’une vie. »

(A partir de l’article de 23 juin 2020 dans Le Parisien)

 

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