Prenons La Une : « Marianne » relaie un sondage sexiste de l’Ifop sur la tenue des lycéennes

0  -  Article mis à jour le 6 octobre 2020

Communiqué de Prenons la une

A l’attention de nos confrères journalistes et des rédactions habituées à la commande de sondages pour rebondir sur l’actualité.

Nous découvrons avec stupeur, ce 29 septembre, un sondage de l’Ifop pour le magazine Marianne qui demande l’avis des Français sur le port du décolleté ou de la mini-jupe des lycéennes. « Souhaitez-vous que les lycées publics autorisent ou interdisent aux filles le ports des vêtements suivants dans l’enceinte de l’établissement ? No bra / décolleté plongeant / crop top / débardeur laissant apparaître des bretelles ? », dit-il. La manière dont la question est posée suggère une vision du monde sexiste où l’on demande à chaque Français ce que les femmes ont droit de porter ou non, en ne tenant pas compte de la liberté des premières concernées.

Dans un contexte social où « la culture du viol »* est encore très présente, cette question est orientée. Elle résonne comme une provocation, une opinion, un biais méthodologique ou idéologique. Pas un fait neutre. Rappelons que la « culture du viol » contribue à ce que les victimes de violences sexuelles se sentent coupables pour ce qu’elles ont subi et déresponsabilise les auteurs de faits. Or les études prouvent que les vêtements ne sont pas une cause de viol ou un facteur de risque d’agression. Un fait que Marianne aurait pu rappeler dans son article.

Ici, il s’agit, en outre, de demander à des adultes leur avis sur les vêtements de lycéennes mineures. Une bonne idée, vraiment ?

Le choix iconographique, proposé par l’institut de sondage, a d’ailleurs retenu notre attention : des seins de bonnet C ou D (pas les plus courants lors de la puberté) et une culotte en bas du dessin (comme si les jeunes filles n’allaient pas penser à mettre un jean avec leur « crop top »).

Prenons la une, association qui lutte pour une meilleure représentation des femmes dans les médias, estime que cette imagerie sexiste et objectivante n’a sa place ni dans un média ni dans une étude d’opinion, et contrevient aux exigences déontologiques. Il est urgent que les médias s’informent sur les mécanismes des violences sexistes et sexuelles. Prenons la Une a d’ailleurs rédigé des outils pour le traitement médiatique des violences faites aux femmes que vous pouvez consulter ici.

* Expression importée en France par le sociologue Eric Fassin au début des années 2000.

Consulter le site de Prenons La Une.

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