Bolloré ose tout (suite)

Article mis à jour le 10 juillet 2017

Considérant que la meilleure défense est l’attaque, Vincent Bolloré (le patron qui ose tout) a fait publier un communiqué par l’une de ses filiales, Canal+, à propos de son refus de payer les droits d’auteurs aux sociétés de perception (SPRD). Alors que la ministre de la Culture avait appelé « de ses vœux une conclusion rapide des discussions en cours entre Canal+ et les sociétés d’auteurs » après avoir reçu les dirigeants de la chaîne le 5  juillet, Vincent Bolloré ose mettre en cause les SPRD alors qu’il ne verse plus aucun droit depuis fin 2016.

Le communiqué est une grossière manœuvre ; en effet, la direction de Canal+ « s’interroge sur l’opportunité de diligenter des audits précis et exhaustifs sur ces organismes de collecte pour s’assurer que les auteurs récupèrent bien l’intégralité des sommes qui leur sont dues. »

Une grossière manœuvre

Grossière manœuvre, car Vincent Bolloré n’ignore pas que les sociétés de perception et de répartition sont soumises à un examen annuel complet et exhaustif de leurs comptes et de leur gestion par la Commission de contrôle des organismes de gestion des droits d’auteurs et des droits voisins, présidée par un magistrat de la Cour des comptes et qui comprend un conseiller à la Cour de cassation, un inspecteur général des affaires culturelles, un inspecteur général des finances et un conseiller d’Etat honoraire.

Les contrôles sont effectués par des conseillers référendaires à la Cour des comptes ; en outre, les règles de fonctionnement et d’administration des SPRD sont définies par la loi et contrôlées par le ministère de la Culture.

  1. Bolloré feint d’ignorer ces « détails » pour tenter, une fois de plus, de détourner l’attention de sa gestion calamiteuse du groupe Canal+, marquée par des pertes records d’abonnés en France.

Le SNJ-CGT condamne les propos de la direction de Canal+ et apporte son entière solidarité à toutes les SPRD qui, elles aussi, grâce à leur action culturelle, participent à la création et permettent aux auteurs de multiplier l’exposition de leurs œuvres au public.

Montreuil, le 10 juillet 2017

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