Travailler plus pour gagner moins… Non et sûrement pas merci !

0  -  Article mis à jour le 30 septembre 2019

Tract du SNJ-CGT de France Télévisions

La répétition n’est pas une figure de style recommandée. Mais parfois, elle est nécessaire. Alors même si nous l’avons dit maintes fois, nous le répétons aujourd’hui : on ne fait pas plus avec moins ! Les nouvelles tranches de 11h53 et 18h53, comme toute tranche régionale suppémentaire, sont les bienvenues. Ces deux fois 7 minutes supplémentaires quotidiennes participent à l’accroissement des décrochages régionaux que la CGT revendique dans le réseau. Mais la précipitation, l’improvisation et l’absence de moyens qui les ont installées sont préjudiciables à notre crédibilité et à la santé des salariés.

30 % de gains de productivité… à quel prix !

Depuis le 2 septembre, chaque antenne fait ce qu’elle peut avec les moyens qu’elle n’a pas. Concrètement, fabriquer quatorze minutes chaque jour représente un gain de productivité de 30 % dans chaque rédaction. Quelle autre entreprise exigerait une telle rentabilité du jour au lendemain ? Et avec moins de moyens car les premiers départs dans le cadre de la RCC (rupture conventionnelle collective) ont été enregistrés cet été.

Et question contenus, c’est très disparate. Pour le 18h53, là où il y a une ou des locales, elles décrochent plus tôt, ce qui diminue leur audience car il y a moins de téléspectateurs devant le poste à 18h53 qu’à 19h17. Pour celles qui sont nouvellement diffusées sur toute leur antenne, via les box et le satellite, c’est enfin une possibilité d’être vu par le plus grand nombre.

Mais que dire de la pertinence du changement de ligne éditoriale : moins d’actu chaude et plus de sujets intemporels censés susciter l’intérêt de toute une « grande » région ! Et quelle que soit la configuration, dans tous les cas les équipes des BRI (bureaux régionaux d’information) doivent fournir 7 minutes supplémentaires. Sauf si la solution de facilité d’aller piocher dans le stock du BRI d’en face ou dans les rédactions nationales est privilégiée.

Vite fait mal fait !

Dans les antennes où il n’y a pas de locale, ainsi que pour la tranche de 11h53, le remplissage semble être devenu la norme. Certaines ont choisi le témoignage des sans-voix, face caméra et sans mise en perspective. D’autres s’adonnent au « mouvex », produits en suivant un process industriel : des équipes de tournage enregistrent des séquences à une cadence effrénée. Pendant ce temps, livré à lui-même, le monteur « assemble » systématiquement 4 « modules midi » et 4 « modules soir » assemblés en 2 jours. Qui dit mieux ?

D’autres encore ont mis en place des 6 minutes « incarnés », dans lesquels le rédacteur fait des plateaux à rallonge, si possible du « tourné-monté », afin de rendre montage et mixage le plus rapides possible. Des sujets « incarnés » dans lesquels on cherche parfois l’information car, souvent, ces nouvelles tranches d’ouverture ne traitent pas l’actualité.

Résultat : des tranches d’info qui perdent leur sens avec des éditions déstructurées où la hiérarchie de l’information devient illisible.

Face à ces constats, répétons à la direction qu’elle doit revoir sa copie en mettant les moyens nécessaires à la fabrication de ces 14 minutes supplémentaires. A moins qu’elle privilégie la perte de sens au travail, l’insuffisance qualitative de ce qu’on doit aux citoyens et l’épuisement des salarié.e.s

Paris, le 26 septembre 2019

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