« Nous, journalistes grévistes et solidaires du mouvement contre la réforme des retraites »

1  -  Article mis à jour le 23 janvier 2020

Le SNJ et le SNJ-CGT s’associent à l’appel « Nous, journalistes grévistes et solidaires du mouvement contre la réforme des retraites » (lire ci-dessous), émanant de l’assemblée générale de Libération et désormais signé par de nombreux collectifs et syndicats dans les entreprises de presse. Le projet de réforme des retraites est présenté ce vendredi 24 janvier en conseil des ministres. Inscrites dans le mouvement pour le retrait total de ce texte ravageur pour les droits des salariés et des journalistes, nos organisations syndicales appellent à amplifier la mobilisation et la grève dans les rédactions. À Paris, pour la première fois depuis le 5 décembre, à l’appel du SNJ et du SNJ-CGT, en lien avec les collectifs au sein des entreprises et les collectifs de pigistes, les journalistes sont invités à se retrouver tous ensemble, à 11 heures, sur le terre-plein de la place de la République, autour de l’entrée principale du métro.

« Nous, journalistes grévistes et solidaires du mouvement contre la réforme des retraites »

Par un collectif de salarié·e·s grévistes et/ou solidaires de Libération, du Figaro, de l’Humanité, de L’Equipe, du Monde, du Parisien, Mediapart, Télérama, Les Inrocks, StreetPress, Reporterre, Regards, Prismamedia, Reworld media, NextRadio TV, Radio Nova, RFI, France 24, Monte Carlo Doualiya (MCD) ; de pigistes de la Fourmilière, Ras la plume, Youpress, Profession : Pigistes, Reporters en colères (REC) ; et de syndicats : SNJ, SNJ-CGT, Sud-Culture, Info’Com-CGT, SGLCE-CGT Correcteurs (liste des signataires arrêtée au 23 janvier à treize heures)

Malgré cinquante jours de grève, le projet de réforme des retraites est présenté ce vendredi en Conseil des ministres. Depuis le 5 décembre, le gouvernement ne l’aura modifié qu’à la marge, promettant des ajustements à certains secteurs, assurant à d’autres que le nouveau régime dit « universel » ne leur serait pas appliqué. Mais l’écrasante majorité des fonctionnaires et des salariés du privé demeurent concernés par ce texte. Cela inclut évidemment les journalistes (rédacteurs, éditeurs, photographes, correcteurs, graphistes, etc) qui font face par ailleurs et depuis de longues années déjà à la dégradation de leurs conditions de travail : multiplication des plans sociaux, de départs et des carrières à trou, baisse de la rémunération et affaiblissement des droits sociaux des pigistes et horaires à rallonge en raison du développement de l’information en continu.

Loin d’apporter la « justice sociale » tant vantée, le texte du gouvernement sème au contraire le doute sur le sort qui sera réservé à chacun·e, creuse les inégalités existantes, tout en négligeant ceux et celles qui triment dans un travail pénible.

Loin d’apporter la « justice sociale » tant vantée, le texte du gouvernement sème au contraire le doute sur le sort qui sera réservé à chacun·e, creuse les inégalités existantes, tout en négligeant ceux et celles qui triment dans un travail pénible. Et, quoi qu’ait pu en dire le gouvernement, le fameux « âge d’équilibre » (dit « âge pivot ») figure toujours dans la loi, qui n’a rien perdu de son essence : pousser tout le monde – et surtout celles et ceux qui y ont le moins intérêt pour préserver leur santé – à travailler plus longtemps (jusqu’à 65 ans pour la génération 75, puis bien au-delà pour les suivantes), indépendamment du nombre d’années passées à cotiser. Enfin, ce texte gouvernemental risque de fragiliser encore plus la situation des plus précaires d’entre nous, pigistes et CDD, majoritairement des femmes (1) et déjà pénalisés par la réforme de l’assurance-chômage en 2019.

Travaillant pour plusieurs rédactions, titulaires ou pigistes, nous réitérons donc ce vendredi notre participation à ce mouvement de grève et réaffirmons notre solidarité avec toutes celles et ceux qui contestent cette réforme depuis le début et appelons à rejoindre les cortèges partout en France. Pour protéger les droits qui sont les nôtres et que nous partageons avec la plupart des salariés en France, et pour demander que le système de retraites, s’il doit effectivement être corrigé, le soit dans l’esprit d’une véritable justice sociale et non sous la forme d’une énième réforme néolibérale.

(1) Les précaires (hors CDD) représentent 26,2 % des cartes de presse selon les derniers chiffres de la Commission de la carte en 2018. Et 53 % des pigistes sont des femmes.

Photo Thomas Koller

Lire également le communiqué du SNJ-CGT « Le 24 janvier, même mot d’ordre : retrait ! »

Lire également le communiqué « Les salarié-e-s de l’Humanité à plein régime contre la réforme »

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